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Saint-Ambroix

31/10/2009 - Lu 481 fois
HISTOIRE DE SAINT AMBROIX sur ARNON - Village du Berry

Les terres de Saint Ambroix durant la préhistoire


Tout comme beaucoup d'autres villages en " Champagne berrichonne ", le territoire qui englobera plus tard la paroisse, puis la commune de Saint Ambroix, a accueilli le chasseur cueilleur du néolithique.
Les origines métissées de cet homme étaient la résultante de plusieurs vagues de migrations venues d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Les racines de sa culture civilisationnelle,  incluaient la culture lithique de l'industrie Tardenoisienne, et la culture céramique de l'industrie de Cerny.
Cette présence néolithique est attestée par les ruines de deux menhirs, qui se trouvaient :
-    pour l'une, dans la forêt de " Belais ", sur la paroisse de Primelles, dans une coupe appelée " le bois de la pierre qui danse " (1).
-    Pour l'autre, surnommée la " Pierre Large ", sur les terres de Civray sur la voie romaine à la limite des seigneuries de Chârost et de Mareuil, près de la ferme de " Galard " (2).
 


Les terres de Saint Ambroix pendant l'antiquité


Ces hommes du néolithique, semi-nomades, qui se déplaçaient dans la vallée de l'Arnon, sur les terres qui aujourd'hui forme la paroisse et la commune de Saint Ambroix, ont vu l'arriver des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique. Ils venaient d'Asie occidentale, et ils se nommaient les " Galls ".
On trouve le témoignage de leur présence sur la rive gauche de l'Arnon, entre les villages de Saint Ambroix et Saugy  (la commune de Saugy s'appelait avant 1885, " Dames Saintes "), sur " les terres d'Arneuse " qui plus tard se sont appelées " Arnaize ", devenues aujourd'hui  " les terres de " Renaize " (3)

Vers la première moitié du 7 e siècle av J.C., les Galls, qui s'étaient installés sur ces terres, ont vu, à leur tour, arriver une autre migration de même ethnie celtique que la leur, celle du peuple des " Kimris ".

Les terres de Saint Ambroix pendant la période gauloise


Les Galls ont résistés à cette invasion migratrice des Kimris mais le temps passant, ces deux peuples de même culture se sont réunis pour former celui des " Gallo Kimris " (4). Les Gallo Kimris vont êtres nommés  " Gaulois " et le territoire que forme la " Galatie ", va peu à peu changer d'appellation pour devenir la " Gaule ". Les terres de Saint Ambroix furent l'un des territoires d'un peuple Gaulois nommé " Bituriges Cubi " qui allait occuper un territoire qui s'étendait sur les plateaux du Limousin, Orléans, une partie de la Bourgogne, le nord-est de l'Aquitaine.
.
Les terres de Saint Ambroix, et d'autres des alentours, attestent de cette présence gauloise :
-    D'abord près de " Peluées " aujourd'hui nommée " Peluyres "où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie noire, façonnée à la mains décorée de points blancs. (5)
-    Ensuite à " Civray " où fut trouvé sous la voie romaine (chaussée de César) un bracelet en fils de bronze plein de forme ovale, orné de stries transversales et obliques. Ce bracelet était passé dans un tibia. (6)


Les terres de Saint Ambroix pendant les périodes romaine et gallo romaine


La présence romaine, puis gallo romaine sur le territoire que forment ces terres de Saint Ambroix est attestée par de nombreux vestiges :

-    celui de nombreuses sépultures qui se situaient sur la rive gauche de l'Arnon, près de la voie romaine sur les terres d'Arnaize (aujourd'hui Renaisze) et qui furent fouillées par Monsieur Dumoutet à la fin des années 1880.
o    on y découvrit plusieurs salles qui contenaient des urnes remplies d'ossements humains calcinés qui atteste de leurs finalités funéraires.
o    On y mit à jour aussi des sépultures formées de pierres trouées superposées afin que des urnes puissent y être déposées.
o    D'autres sépultures étaient simplement formées de pierre taillées en cylindre recouvertes de demie sphères dans lesquelles étaient déposés les ossements restant de la crémation.(7).

 

-    Celui aussi de plusieurs stèles
o    Deux grandes d'environ 1,410 m de haut où apparaît sculptée sur l'une une figure féminine et une inscription " VINIOLA ". Et sur l'autre un couple de personnages. (actuellement au musée Bertrand de Châteauroux).



Ces deux stèles furent découverte au lieudit " Saint Hilaire " non loin de la rive gauche de l'Arnon  en face du bourg actuel de Saint Ambroix. (photos : Gérard Coulon (8))


               
                           


o    Une autre de forme parallélépipédique divisée en deux tableaux entre deux pilastres sur le fronton de laquelle on lit " RI MANIRII VMBRA ".
o    Un autre encore représentant un portail surmonté d'un fronton triangulaire. Dans ce portail est gravé verticalement " GALII DA " (9).

 

gravures Georges Garense 1885



-    Celui enfin de nombreux objets usuels tels que :
o    des clefs, des anneaux, des boucles, des poterie et des urnes.

Toutes ces précieuses découvertes archéologiques se sont faites aux lieudits "  le carroir d'Airain ", dans " le bois de Lucus " aujourd'hui " le bois de Luc " et " Arnaize " aujourd'hui " Renaize ".




Origines du village primitif nommé " Ernodorum " ou " Erdodurum "


Durant ces époques romaine et gallo-romaine, le lieu où se trouve aujourd'hui Saint Ambroix, était appelé " Ernodorum " ou " Ernodurum ". 
Sur ce lieu, il semblerait que deux implantations humaines étaient à distinguer.
L'une guerrière ou militaire qui devait être un fort ; l'autre civile devait être une " villa " (village).
Le fort se situait sans doute dans la pointe nord de l'île formée par la séparation du cours de l'Arnon un peu après le lieudit " la Vallée ". Ce lieu fortifié gardait le passage de la rivière à gué qui était un peu en aval de l'endroit ou furent construits les ponts de bois et le pont d'aujourd'hui. (10)
Pour ce qui est de l'implantation de la " Villa " (village) , elle se serait faite sur la rive gauche de l'Arnon, face au village d'aujourd'hui. (11)
Nous trouvons " Ernodurum "  désigné par écrit pour la première fois dans l'itinéraire d'Antonin ( 460-3) vers 280 après J.C. (12)
En fait, ce nom serait la gallo romanisation du nom gaulois " Aronduro " dont l'étymologie se construirait à partir de ces deux étymons :
-    " aron " ou " arnon " ou " arnava " qui vient de "  aar " et qui nomme l'eau qui coule.
-    " duro " qui signifie une colline fortifiée ou un endroit fortifié.

Ce qui décrit la vision d'un " lieu fortifié sur une hauteur auprès duquel coule une rivière " 

La latinisation gallo romaine l'aurait transformé en Ernodurum ou Ernodorum en donnant toponymiquement alors aux deux racines du mot, une nouvelle signification.
Ainsi :
-    " erno " voudrait nommer en langue celtique continentale (langue gauloise) un " aigle " (pris dans le sens sémantique de nid d'aigle, hauteur fortifiée).
-     " durum " ou " dorum " voudrai désigner, toujours dans ce même langage, un carrefour, une porte, une place, un marché, un forum. (13)
Ce qui construit les nominatifs suivant :
-    " carrefour de l'aigle ".
-    "  porte de l'aigle "
-     "  place de l'aigle "
-    " forum de l'aigle "
Ce qui attribue à ce nominatifs, en plus de la connotation défensive, celle d'itinéraire, de passage  d'étape et d'échanges culturels et commerciaux.

" La table des itinéraires " dite de Peutinger, qui date du 3ème ou du 4ème siècle, que Celtis Portucius avait offert à  de Konrad Peutinger en1507, nomme ce lieu " Ernoduro " (14).
Elle désigne ce lieu comme seule étape d'importance sur la voie romaine " Iter magnum de calceata " (15) entre la cité d' " Argentomagus " (Argenton) et celle d'Avaricum (Bourges).
Plus tard dans une bulle du pape Calixte II, qui date entre 1119 et 1124, ce lieu est nommé " Arnotensis ".



Circonstances qui ont changé le vocable du village primitif nommé " Ernodorum " ou " Erdodurum " en " Saint Ambroix "


Ce changement de nominatif eut pour cause la découverte au Xème siècle des restes de la dépouille de l'ermite " Ambroise " ou " Ambroix, qui plus tard fut canonisé.

Ambroix, qui avait prouvé à maintes reprise sa vocation à servir Dieu, avait été fait évêque de Cahors vers l'an 752 soit par le pape " Zacharie " ou soit par le pape Etienne II .
Devant l'indifférence prolongée de ses oilles  à ses prêches et à ses actions charitables, Ambroix fut si découragé des hommes qu'il alla se cacher dans une grotte située, nous dit-on, à 500 pas de la cité de Cahors, ce qui l'éloigne d'environ 165 mètres, en dehors des remparts de cette dernière.
Il vécu là cloîtré durant près de trois ans avant d'être découvert et reconnu.
Son retour au monde fut pour lui une grande déception, car il ne vit, dans le comportement de ses oilles, aucun progrès.
Très affligé par ce constat, il partit pour Rome vers 755 afin de prendre conseils auprès du Saint Père Paul 1er. Nul ne connaît le contenu de leur entrevue, mais ce qui est sur c'est que Ambroix partit de Rome pour se rendre à Tours afin de bénéficier des apaisements de son évêque " Ostald ". Ce serait durant ce séjour tourangeau qu'Ambroix aurait décidé de devenir ermite. Il reprit donc le chemin et son errance le mena sur les terres de " Ernodurum " en " Biturigas " (Berry) où il s'installa  pour sa vie de reclus au lieu  nommé " Séris " appelé aujourd'hui " les Maras " sur la rive droite de l'Arnon.
Il vécu en ce lieu jusqu'à sa mort qui survient le 16 octobre 770. Il fut inhumé à " Ernodurum " dont le nom avait évoluer à cette époque en " Ernotrum ". Nous ne connaissons pas la date de sa canonisation à partir de laquelle Ambroix fut appelé " Saint Ambroix "

C'est au 10ème siècle, que la sépulture de Saint Ambroix fut retrouvée et qu'il donna son nom au lieu, en remplacement de " Ernotrum ".
Toutefois cet ancien nom se retrouve partiellement dans le lieu proche de Saint Ambroix qui se nommera successivement  " Arneuse ", " Arnaize ", aujourd'hui " Renaize ".
La dépouille retrouvée de Saint Ambroix fut transportée dans l'église Saint Pierre et Saint Paul de Bourges qui devint une abbaye de chanoines de Saint augustins et qui, elle aussi tout comme l'ancien village de Ernodurum, prendra le nom de Saint Ambroix.
L'abbaye abritera les reliques du Saint -qui échapperont à la fureur protestantes du 16ème siècle- jusqu'en 1822 ; après cette date leurs traces se perdent (16).
Cette abbaye subira les outrages des invasions normandes en 868 ; les exactions des Huguenots en 1562 ; et les destructions des grands incendies qui embrasèrent à plusieurs époques la cité de Bourges.
La Révolution de 1789 la maltraitera au point d'en faire une ruine. Elle sera rachetée par  Monsieur " Butet " qui y installa une fabrique de toile pour confectionner des voiles de navires ou travaillèrent 800 ouvrières. Cet atelier fermé, elle tomba en désuétude.
Aujourd'hui après une restauration plutôt réussie, l'ancienne abbaye Saint Ambroix abrite depuis 1991, un restaurant (17).




Origines de la paroisse de Saint Ambroix



*
Il nous faut rechercher les origines de la paroisse de Saint Ambroix dans celle qui composait le " Chapitre du Château lès Bourges " .
En effet, ce Chapitre avait la particularité d'être composé d'un prieuré de dix chanoines, dont l'un d'eux administrait une paroisse qui étendait son autorité sur le faubourg du Château lès Bourges à laquelle il fallait ajouter à cette gestion, celles des paroisses extérieures, comme il en fut pour celle de Saint Ambroix.
En fait, il semblerait que la paroisse de Saint Ambroix fut une extension externe de la paroisse de ce chapitre voué à Saint Austrille (18).
Une bulle du pape Calixte II, nous permet de fixer la naissance de la paroisse de Saint Ambroix par le " Chapitre du Château les Bourges ", avant 1123.
Puis le Chapitre du Château lès Bourges fut annexé à celui de la " Sainte Chapelle de Bourges " créée par le duc Jean de Berry en 1400. Ainsi la paroisse de Saint Ambroix tomba sous le patronage de la Sainte Chapelle qui a son tour , plus tard, dépendra directement de l'Archevêque de Bourges.

L'église Saint Loup


Pour L. Cartier de Saint René (19), " l'église Saint Loup de Saint Ambroix " daterait du XIIème siècle et la chapelle à droite du cœur  du XVème .
L'apparence extérieure de l'église que l'on voit aujourd'hui date d'entre 1885 et du le début du XXème siècle.
L'édifice d'avant ne possédait pas le fronton d'entrée qui fut ajouté au XXème. Il était entouré du cimetière comme le voulait l'usage.

   

          église d'aujourd'hui                        


         église en 1885 (gravure de Georges Garanse)



Il est a remarquer dans cette église  les sculptures qui servent de terminaisons basses aux travées ; ainsi qu'une clef de voûte composée d'un écusson et d'un collier d'ordre tenu par deux griffons.
La chapelle du 15ème se distingue par une fenêtre à meneaux d'une assez grande élégance. 
Enfin, en 1879, Cartier de Saint René nous dit que la cloche de cette église portait les inscriptions suivantes. " Deum laudo,vivos voco, mortus lugeo.    
                          Marraine et parrain Delle S ….. et messire de Bagnoux capitaine du chasteau et grosse tour d'Yssoudun. Chapuzet lieutenant des terres de Mareuil, la Croizette, Saint Ambroix, etc. Louis PROvr St Dic L Roucet 1688 J Gourru. ".
On peut donc en déduire que ce fut cette cloche qui échappa à la réquisition révolutionnaire du bronze découlant de la loi du 23 juillet 1793 et qui fut effectuée sur le canton de Chârost fin octobre de la même année (20).
C'est aussi à cette époque que cette église servit de salpêtrière.




 Le territoire de la paroisse de Saint Ambroix comprenait : 


o    " Les Grandes Peluées, qui aujourd'hui s'appellent " Les Grandes Peluyes " ;
o    " Les Petites Peluées ", qui de nos jours se nomment " Les petites Peluyes " ;
o    Les terres des " Lachons "
o    Les terres du domaine de  " La Buissonnière " aujourd'hui " La Brissonnerie "
o    Les terres d' " Arneuse ", puis d'" Arnaize ", aujourd'hui " Renaize "
o    Les terres du " prieuré de Semur " (aujourd'hui " Petit Semur " et " Grand Semur ".
Les seigneurs de Saint Ambroix


Saint Ambroix et ses terres dépendaient de la seigneurie de la Croisette ; mais ce fut à Saint Ambroix que fut fixé le siége de sa justice. Il y avait donc un bailli qui rendait sentence en ce lieu.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
-    En 1243, Hervet d'Artenay ;
-    Puis à ses enfants dont nous n'avons pas pu trouver les noms ;
-    En 1323, Jeanne d'Artenay ;
-    En 1326 Faucon de Passac époux de la précédente ;
-    En 1348 Philippe de Passac, fils du précédent ;
-    En 1386, Gaucher de Passac, époux de Jeanne de Châtillon. Il acheta le village du Grand-Malleray à guillaume Baston bourgeois d'Issoudun, ce dernier le tenait de Huguet De Laigue, dit Turpin, et de Jeanne Raine, son épouse. Gaucher bâtit le château de la Croisette en 1391 ;
-    En 1422, Louis de Culan, époux de Jeanne de Châtillon, veuve de Gaucher de Passac, amiral de France ;
-    En 1444, Philippe de Culan, neveu du précédent, lui aussi amiral de France ;
-    En 1446, Marie de Culan dame de la Croisette, fille du précédent épouse de Jean de Castelnau fils d'Antoine de Castelnau et Gaumont, autre branche que celle des Castelnau de la seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou).
-    Avant 1466, Jean de Castelnau époux de Marie de Culan ;
-    En 1492, Jacques de Castelnau, fils du précédent, époux de Françoise de La Tour, fille d'Agne de la Tour vicomte de Turenne ;
-    En 1519, Françoise de La Tour, veuve du précédent ; François III de La Tour, vicomte de Turenne, neveu de la précédente, époux de Catherine d'Amboise, puis Anne de Boulogne ;
-    En 1545, François de La Tour, fils du précédent, époux de Eléonore de Montmorency ;
-    En 1554, Jean de Rochefort, époux de la fille du sieur de Châteauneuf sur Cher puis en 1541 époux en seconde noce de Margueritte Du Puy Coudray ;
Vers 1560, René de Rochefort, fils du précédent, qui acheta en 1565 une partie des terres de la seigneurie de Mareuil, puis en 1572, l'autre partie. Ainsi le fief de saint Ambroix dépendant de la seigneurie de la Croisette, se fondit avec la seigneurie de Mareuil.

Seigneurs de Saint Ambroix après l'annexion de la seigneurie de La Croisette à celle de Mareuil sur Arnon. 


-    En 1572, René de Rochefort, par achat de la seigneurie aux Damas de Digoine. Il fut l'époux de Jeanne Hurault dont il eut trois fils : Jean, Anne et François et une fille Madeleine ;
-    Vers 1585, Jean de Rochefort, frère du précédent, époux de Anne de Sautour ; Vers1587, Anne de Rochefort, époux de Charlotte de Sautour belle sœur du  précédent, dont il eut deux filles : Edmée François qui épousera Nicolas de Brichanteau marquis de Nangis et Madeleine qui s'unira avec Charles de Bouilly, seigneur de Mesvilliers ;
-    Vers 1610, de par son épouse Edmée de Rochefort, Nicolas Brichanteau, marquis de Nangis ;
-    Vers 1655, Claude Alphonse Brichanteau, fils du précédent, époux de Anne Angélique d'Allogny de Rochefort ;
-    En 1658, comme tutrice de son fils, Anne Angélique d'Allogny de Rochefort, veuve du précédent ;
-    Vers 1670, Louis Fauste de Brichanteau, fils de la précédente, Il fut l'époux de sa cousine germaine une demoiselle d'Allogny de Rochefort, dont il eut Trois enfants : Louis-Armand ; Pierre-César ; Marie-Thérèse ; En 1690, Louis-Armand de Brichanteau fils du précédent.

En 1710, Louis-Armand de Brichanteau, son frère Pierre-César et sa fille Madeleine-Thérèse-Louise Vendirent les terres de Mareuil à Pierre Gorge d'Entraigues

-    En 1710, Pierre Gorge d'Entraigues, époux en premier d'une demoiselle d'Estampes-Valençay, dont il eut un fils Chrétien-François qui sera marquis de Roize ; en second de Margueritte du Molley dont il eut un fils Pierre François duc de Falary  et une fille Julie Christine Régine qui sera l'épouse du duc Béthune Chârost;
-    En 1723, Chrétien François d'Entraigues, fils du précédent ;
-    En 1737, Christine Régine duchesse de Chârost, sœur du précédent.

Ainsi les terres de Saint Ambroix sur Arnon passeront à la propriété des ducs de Chârost.


Féodalité des terres incluses dans le Paroisse de Saint Ambroix


Les Peluées (Grandes et Petites)

Le plus ancien écrit connu les nomment " Espeluis " du nom de leur seigneur d'origine en 1224 et en 1332.
Plus tard, en 1351, elles sont désignées par le nom de " Peluis "
En 1489, un actes les appelle " Pelluets ".
Puis en 1544, elles sont de nouveau nommées " Peluis ".
Au XVIIème , XVIIIème , et XIXème Siècles elles sont connues sous les noms de " Pluies " (1879) puis de " Peluées " (1885).
Aujourd'hui, Elles figurent sur nos cartes sous le nom de " Peluyes ".
En 1237, le seigneur du fief des " Espeluis ", fut Arnaud d'Espeluis qui fit don d'un près à l'abbaye de La Prée.
Les Peluées ou Peluyes (Grandes et Petites), après le XVIIème siècle, constituaient un fief dit " en l'air ". C'est à dire qu'il n'y avait plus de seigneur car les seigneurs précédents avaient concédés à autrui l'exploitation de leurs terres,  moyennant le paiement d'un droit dit " de terrage ". l'entité territoriale qu'est le fief,  n'existait donc que par la perception  des redevances.

Les Grandes Peluées (Les Grandes Peluyes)

- Le premier aveu connu pour le fief des terres Des Grandes Peluées fut fait en la cité royale d'Issoudun au représentant du roi Charles le sixième par " Jean Gémichat " écuyer, en 1380.

- Il semble que ce fut à la même époque vers 1400 que Jean Gémichat vendit ce fief à " Gilles ou guillaume Baston ou Baton " d'Issoudun (21).

- On retrouve ce fief comme appartenant au seigneur de Chârost Geoffroy de Rochechouart en 1462, puis à Jacques de Rochechouart son fils en 1482 (22).

- Au XVIIIème siècle, ce fief devint la propriété de la famille " Chalons ".

- Au 19ème siècle, en 1885, ces terres appartenaient à Monsieur Pineau des Forêts


Les Petites Peluées (Les Petites Peluyes)

Les fouilles archéologiques sur ce lieu, de la fin du XIXème siècle, ont fait apparaître :
- un souterrain qui a révélé une présence gauloise.
- des sépultures qui peuvent datées de la période de la christianisation de la contrée au IIIème siècle

Sur ces terres, et sûrement à une époque reculée (V ou VIème siècle), fut établi un prieuré dont l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges et celle de la Prée avaient des droits (23).
Il semble que ce fief d'église, existait encore en 1332 puis plus tard en1422.
Il redevint laïque avant 1680 où il appartenait à Pierre La Care.
Pierre La Care le vendit en 1680 aux " Visitandines " d'Issoudun qui le gardèrent jusqu'à la Révolution de 1789.

Les terres des " Lanchons " (aujourd'hui Lachon).

Ces terres furent attachées au prieuré de Saint Martial de Semur, ainsi que son moulin.

Les terres du domaine de  " La Buissonnière " aujourd'hui " La Brissonnerie "

Sans doute ce domaine était-il attaché au fief des " Petites Peluées " (Les Petites Peluyes), mais nous en avons pas la certitude.
Ces terres sont intéressantes car à la fin du 19ème siècle, elles possédaient à une centaine de mètres de la chaussée de César (voie romaine), des vestiges d'un ancien poste de garde gallo-romain. Plus loin, il fut trouvé plusieurs tumulus funéraires contenant des ossements humains et un matériel ( pièce de monnaie) qui peut être daté du temps de l'Empereur Commode qui prit le pouvoir en180.

Les terres d' " Arneuse ", puis d'" Arnaize ", aujourd'hui " Renaize "

Ces terres constituées un fief dont la premier seigneur connu fut Macé d'Orléans que l'on voit apparaître dans un écrit qui date de 1462.
En 1503 ce fut Pierre d'Orléans qui en était seigneur.
Puis on trouve Claude de Preuille qui en fut seigneur pour moitié en 1530.
De 1658 à 1668 ce fief fut propriété de Jean Chappus.
A la mort de Jean Chappus, sa fille Catherine veuve de Jacques Heurtault hérita du fief. Ainsi nous la trouvons châtelaine des terres d'Arneuse en 1681.
En 1702, Françoise Heurtault héritière testamentaire de Catherine reçut les terres d'Arneuse.
En 1879, c'était la baronne Duquesne, descendante des Heurtault, demeurant à Issoudun, qui était propriétaires d'Arnaize.


Les terres du " prieuré Saint Martial de Semur " (aujourd'hui " Petit Semur " et " Grand Semur ").

Au plus loin qu'on puisse remonter, c'est à l'abbaye de Massay que nous devons la création du prieuré de Semur. Cette création peut être datée d'avant l'an 1000.
En ces temps, les possessions de ce prieuré étaient importantes. Il y avait :
-    bien sur les métairies de Semur.
-    Les métairies du Petit Boc
-    Les métairies de Saint Chevrais
-    Les métairies de la vallée d'Herpé (aujourd'hui vallée de Harpé)
-    Les terres et le moulin de Lanchon (aujourd'hui Lachon
-    Les terres et le moulin de Foye
-    Les bois de Saint Martin.
-    Les Bois et les vignes de la Coudraie (aujourd'hui Coudras)
-    2 arpents de bois dit des terres de Massay
-    Une terre aux Beauces de Chouday.
-    Une terre à Mareuil.

Chronologie de la constitution des biens fonciers du prieuré :


-    1016, affranchissement du prieuré par Eudes d'Issoudun et son fils Raoul
-    1040, abandon des taxes et impôts perçus sur le prieuré, par Eudes d'Issoudun à Etienne abbé de Massay.
-    1072, abandon par Eudes d'Issoudun des hommes et habitants des terres de Semur au profit du prieuré moyennant une redevance symbolique.
-    1326 échange entre Faucon de Passac seigneur de la Croisette et Jean de Calme prieure de Semur. Le seigneur de la Croisette abandonne au prieuré des terres sises à Boc contre un pré sur le bord de l'Arnon
-    1466, le 1é novembre, réduction des prélèvements de l'abbaye de Massé sur les revenus du prieuré
-    146è abandon par Philippe Dumas seigneur de Bois-ratier des droits de lainage de blé et de charnage qu'il avait sur le prieuré.
-    1491, le 16 février, abandon par procès, des prétentions de l'abbaye sur le moulin d'Herpé (aujourd'hui Harpé) et sur la pêche au dit lieu.

Chronologie du passage du prieuré de Semur de la dépendance de l'abbaye de Massé à celle de l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges :


-    En 1713, Léonard Brunier prieur de Saint Sulpice de Bouges être pourvu du prieuré de Semur.
-    En 1714, reconnaissance de la dépendance du prieuré de Semur à l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges par Claude Baraton seigneur de Chouday pour le moulin d'Herpé.
-   
Prieurs connus du prieuré Saint Martial de Semur :
-    En 1326, Jean de Calme.
-    De 1466 à 1467 Pierre Regnault
-    En 1491, Guillaume Vouilly
-    De 1492 à 1497, Philippe de Chamborrant
-    En 1531, Mathurin Rochereau
-    De 1539 à 1551, Mathurin Voigibeau
-    En 1554, Gilbert de Fougères
-    En 1579, Joseph Boulholle chanoine de l'église de Montermoyen de Bourges
-    En 1593, Guillaume Boulholle
-    En 1605, Pierre Bridard
-    De 1610 à 1623, Philibert Thomas
-    De 1642 à 1648, Alexandre de Symone docteur de la faculté de médecine
-    De 1653 à 1655 René Mignon, chanoine de la Sainte Chapelle de Bourges
-    De 1662 à 1695, René Bécuan, docteur de la faculté de la Sorbonne
-    En 1675, Henri Delfant, prêtre de l'Oratoire de Paris demeurant à Soisson
-    De 1700 à 1710, Jean Alabat de Lonvert ou Louvert
-    DE 1713 à 1743, Léonard Brunier, religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur
-    De 1745 à 1783, Don Cyr Jolly, religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur (24).


Histoire des événements qui se sont produit au prieuré saint Martiale de Semur.


En 1141, suite à de nombreux désaccords avec l'abbaye de Massay, " Gimon de Mehun " s'en vint piller et brûler le prieuré Saint Martial de Semur.
L'archevêque de Bourges Pierre de la Châtre intervint alors pour que ce seigneur impulsif indemnise le prieuré des dommages causés par son raide guerrier en ce lieu. Il y eut très certainement mort d'hommes, car on a retrouvé en la fin des années 1870, non loin de là, un petit monticule de terre sous lequel ont été découvert douze squelettes d'hommes qui pourrait être de cette époque..
En plus des promesses de non agression de tous les lieux dépendants de l'abbaye de Massay, Gimon de Mehun et son fils aîné Robert, donnèrent au prieuré de Saint Martial de Semur tous leurs droits de péage et pacage sur toutes leurs terres.
Cette accord fit l'objet d'une charte datée de 1164 et confirmé par une lettre de Pierre de la Châtre au roi Louis VII le jeune (25). 

Pour finir cette histoire de Saint Ambroix sur Arnon, il nous faut aussi  rapporter un événement qui s'est produit au temps de la Fronde.
En mai 1653, une petite troupe d'avant garde du camp du grand Condé, commandée par Monsieur de La Fortillesse se rependit sur la paroisse de Saint Ambroix en volant les chevaux et en rançonnant les habitants.
Au mois de juin, la veille de la Trinité de cette même année, ce sont près de 200 hommes qui vinrent rejoindre les premiers. Ils s'installèrent sur les paroisse de Saint Ambroix, Ségry et Chouday. Il étaient presque tous du régiment italien de Broglio. Ils se mirent à vivre sur le pays volant et rapinant tout ce qui se mangeait et tout ce qui avait valeur marchande, Ils allèrent même jusqu'à fondre les cloches de l'église de Ségry brûlant cette dernière avec le presbytère (26).



Notes de références


(1) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : " Histoire de la seigneurie de Mareuil " Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page57.

(2) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : " Histoire du duché pairie de Chârost " Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page 43.
 
(3 )BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. pages 167 et 168..

(4) THIERRY. (Amédée.). : " Histoire des Gaulois ". Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10

(5) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 169.

(6) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 125.

(7) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 167.

(8) http://gerardcoulon.chez-alice.fr/projets.htm

(9) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 168.

(10) LIEVRE. (E.). : " Les chemin gaulois et romains entre la Loire et la Gironde. Les limites des cités. La lieue gauloise " Edition Clouzot. Paris. 1893.

(11) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : " Histoire de la seigneurie de Mareuil ". Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. 187 pages, page 59.

(12) " L'Itinéraire d'Antonin " a été publié par P. Wesseling sous le titre de " Vetera Romanorum Itineraria " à Amsterdam en 1735. On le trouve aussi dans "  Fortia d'Urban, Recueil des Itinéraires anciens " publié à Paris en 1845. Enfin on le trouve dans un ouvrage écrit conjointement par G. Parthey et M. Pinder sous le titre de " Itinerarium Antonini " publié à Berlin, 1848.

(13) Signification avancée par QUIRET Julien pour " l'Arbre Celtique " http://www.arbre-celtique.com

(14) PEUTINGER. Il ne fut pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Géographe et humaniste allemand, il possédait une table traçant les itinéraires de l'Empire romain. Cette table fut plus tard, appelée " Table de Peutinger ". Cette Table des Itinéraires lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, qui le chargea charge de la faire éditer. Peutinger ne put faire publier la table, dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde, bien après la mort de Peutinger.
CELTIS PORTUCIUS avait trouvé, par un pur hasard cette Table  à Worms, en Allemagne. Elle a la forme d'un  rouleau de sept mètres de long, représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.
Les moines de Colmar réalisèrent en 1265, une copie de cette Table à partir d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même sans doute aussi copiée . Cette copie fut une remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
.Après être passé par la maison de Savoie, le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche, qui le possède toujours.

(15) Ce nom figure dans le Mémoire de la Société des Antiquités du Centre T.III, pages de 1 à 5.

(16) De la Croix. (G.). : "  Histoire de l'église de Cahors. " . In livre de RICHARD. (Charles Louis.). et GIRAUD. (Jean Joseph.). " Bibliothèque Sacrée, ou, dictionnaire Universel Historique, Dogmatique " Edition Méquignon fils aîné Paris 1822.

(17) NARBOUX. (Roland.). : "  l'abbaye de Saint Ambroix et l'hôtel de Bourbon ". Encyclopédie de Bourges sur le site http://encyclopedie.bourges.net/bourbon.htm

(18) PALLET. (Félix.). : " Nouvelle histoire du Berry " Volume 4. Publié en 1785 Bibliothèque cantonale . et universitaire de Lausanne.

(19) Charles Louis André de Saint René : Il fut propriétaire à Lury sur Arnon. Il devint Député du cher district de Vierzon en 1791, puis Administrateur du Directoire du département du Cher, enfin membre de la Société des Antiquaires du Centre.

(20) Cette loi du 23 juillet 1793 stipule qu'il ne sera laissé qu'une seule cloche dans chaque paroisse.

 (21) Voir Archives départementales du Cher, C. 811.

(22) Voir Archives départementales du Cher, C. 813

(23) Voir Archives départementales du Cher, archives de Saint Sulpice, liasse de Civray et Sérigny.

(24) Archives de L'Indre et archives de Saint Sulpice de Bourges.

(25) Gaspard Thaumas de la Thaumassière mentionne ce fait dans son " Histoire du Berry " de 1689.

 (26) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : " Histoire de la seigneurie de Mareuil ". Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. 187 pages, page 61.


Bibliographie


BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : " Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ". Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.


CARTIER de SAINT RENE. (L.). : " Histoire de la seigneurie de Mareuil " Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009.

CHENU. : " Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bourges ". Edité par Robert Foüet à Paris en 1621.    

DE LA CROIX la Croix. (G.). : "  Histoire de l'église de Cahors. " . In livre de RICHARD. (Charles Louis.). et GIRAUD. (Jean Joseph.). " Bibliothèque Sacrée, ou, dictionnaire Universel Historique, Dogmatique " Edition Méquignon fils aîné Paris 1822.

 LIEVRE. (E.). : " Les chemin gaulois et romains entre la Loire et la Gironde. Les limites des cités. La lieue gauloise " Edition Clouzot. Paris. 1893.

NARBOUX. (Roland.). : "  l'abbaye de Saint Ambroix et l'hôtel de Bourbon ". Encyclopédie de Bourges sur le site http://encyclopedie.bourges.net/bourbon.htm

De NICOLAY. (Nicolas.). : " Description du Berry ". Editions Aupetit. 1883.

PALLET. (Félix.). : " Nouvelle histoire du Berry " Volume 4. Publié en 1785 Bibliothèque cantonale . et universitaire de Lausanne.

THAUMAS DE LA THAUMASSIERE. (Gaspard.). : " Histoire du Berry " Edition de François b Toubeau de 1689, Bourges. Réédité en 4 volumes en 1863-1871.

 THIERRY. (Amédée.). : " Histoire des Gaulois ". Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages.
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Auteur : René Johannot infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur