Fin du registre NMD de Maillet (03) pour l'année 1790 :
L'année 1789 a été remarquable par bien des événements.La gelée qui avait commencée le 26 novembre ? 1788 a été très forte à la fin de décembre et dans presque tout le mois de janvier, on y a vu de la glace épaisse d'environ dix neuf pouces, les vignes et les (rature) qui se sont (?) trouvés dans les fonds ont été gelés. La mi juin la grêle a fait perdre le peu de vin que la gelée avait laissée.Le bourg ? Maillet moins maltraité que le reste de la paroisse et dont j'espérais avoir quarante septiers, ne m'en a pas donné seize. Du reste du gerbier j'ai eu 8 septiers de grains qui n'étaient pas nourris ? et ne pourrait vendre rendre de farine ..Le bled à valu en 1789 et continue à valoir en 1790 jusqu'à trente six livres.
Les états généraux ont recommencés le 4 ou 5 mai et ont pris le nom d'Assemblée Nationale. Le tiers état était en nombre égal au clergé et à la noblesse, quelques uns des deux derniers se sont joint au tiers et ont emporté le nombre de voix sur bien des objets.
Aux tenues précédentes des états généraux les matières avaient été décidées par ordres, par cette raison le clergé et la noblesse qui avaient les mêmes interets se trouvaient d'un même avis et contraire aux intérêts du tiers état.A cette assemblée le tiers a été ferme à ce que les choses fussent décidées à la pluralité des voix au mécontentement du clergé et de la noblesse, de la judicature, des militaires, des privilégiés, des financiers, de leurs commis, des ministres d'état et des seigneurs de la Cour.
Les changements opérés par l'assemblée nationale ont été l'occasion de complots dangereux, ainsi (tel) que ceux que l'on prévisit de voir arriver. Il s'éleva dans Paris une émeute dans laquelle la Bastille fut prise, des personnes en place maltraitées et tuées. Plusieurs Seigneurs sortirent du royaume avec leurs familles et beaucoup d'argent.
A la fin de Juillet il se répandit dans le royaume que des brigands attroupés en grand nombre et armés ravagaient les provinces. Ce bruit fit armer partout dans les villes et les campagnes ceux qui purent trouver des armes ou des instruments de défense. Cette alarme fit de vives impressions sur bien des personnes, des femmes enceintes s'accouchèrent, d'autres tombèrent malades, d'autres se virent au moment de la mort.Un homme qui avait de l'argent devint fou, un autre se croiait à chaque instant attaqué par les brigands, la frayeur fut dans tout le royaume et presque généralement dans tous les esprits.
Nous n'avons point vu de brigands dans ce pays mais ils ont fait bien du mal dans quelques provinces.
L'histoire fera mention de tous les événements.
Ci-dessous la copie d'un billet qu'un curé voisin écrivit à son voisin confrère lors de l'allarme et qui fait voir à quel point la peur avait saisi certains esprits.
Vous n'avez point de temps à perdre mon pauvre ami, faites sonner le tocsin dans votre paroisse, assemblez-la le plus tôt possible et visez aux moyens de sauver votre vie et celle de vos paroissiens. les ennemis sont à La Souterraine à six lieu au couchant de Guéret), ils portent le massacre et la désolation sur tous les lieux de leur passage.
La Châtre a fait avertir Chateaumeillant, Chateaumeillant Culan, et Culan a envoyé Mr SAISOL(?) avertir Mr le curé de Védun de qui je tiens l'avis que je vous donne sur le revers de sa lettre. Avertissez de votre côté nos amis et voisins de proche en proche et faites parvenir ces tristes nouvelles jusqu'à Montluçon s'il est possible. La plumeme tombe des mains, la plume me tombe des mains (répété 2 fois dans le texte) et je crains de vous dire le dernier adieu."
Celui qui a écrit le billet ci-dessus craignait qu'on ne lui enleva unesomme de 7 ou 8 000 ou environ.